Jardin Bricoleur 🌷

Pluie sur une toiture en polycarbonate : comment atténuer le bruit

Première vraie averse depuis que la terrasse est couverte. Sous le toit de la maison, on l’entendait à peine ; sous les plaques neuves, il faut hausser la voix pour finir le repas. Le polycarbonate n’est pas un matériau silencieux, et aucune astuce ne le rendra aussi discret qu’une couverture en tuiles posée sur une charpente isolée. Entre une toiture qui tambourine et une toiture qui se contente de crépiter, l’écart tient pourtant à quelques choix, et la plupart se font avant la commande.

Où serez-vous quand il pleuvra ?

Sur un carport, un abri à bois ou un appentis à outils, le bruit de la pluie n’a aucune importance : personne n’y passe la soirée. Sur une pergola de terrasse qui sert surtout l’été, beaucoup finissent par apprécier le crépitement des orages, tant qu’il reste supportable. Sur un espace fermé que l’on habite, une véranda devenue salle à manger ou un jardin d’hiver qui prolonge le salon, il devient un critère de confort à part entière.

Pensez aussi à ceux qui dorment. Un appentis posé sous une fenêtre d’étage, la vôtre ou celle du voisin, s’entend bien plus la nuit que le jour, quand le bruit de fond du quartier le masque. Si la toiture se trouve à deux mètres d’une chambre, visez d’emblée la solution la plus sourde.

Plaque ondulée ou alvéolaire, quelle différence à l’oreille ?

Une plaque ondulée est une paroi unique et mince. Chaque goutte la fait vibrer comme une peau de tambour. Une plaque alvéolaire est faite de deux parois ou plus, reliées par des cloisons qui enferment de l’air. Plus épaisse et plus rigide, elle renvoie un son plus mat. Entre deux plaques alvéolaires, la plus épaisse reste en général la plus discrète : une 16 mm vibre moins qu’une 6 mm.

On trouve les deux familles côte à côte dans cette sélection de toitures, les plaques alvéolaires d’un côté, les ondulées en grande ou en petite onde de l’autre. Pour une pièce à vivre, le choix penche nettement vers l’alvéolaire épaisse ; l’ondulé garde tout son intérêt là où le bruit ne gêne personne.

La plaque est-elle bien tenue sur sa structure ?

Une partie du vacarme ne vient pas de la pluie elle-même, mais de ce qu’elle met en mouvement. Une plaque mal maintenue vibre, frotte contre un profilé, cliquette à chaque rafale. Le polycarbonate se dilate avec la chaleur et il faut lui laisser du jeu ; mais ce jeu se prend dans le diamètre des trous de perçage et dans les profilés, pas en laissant la plaque flotter. Des vis à rondelle d’étanchéité serrées au contact, sans écraser la plaque, et les joints des profilés de jonction amortissent une bonne part de ces vibrations parasites.

Les appuis sont-ils assez rapprochés ?

Une plaque qui porte loin entre deux chevrons ou deux pannes travaille davantage qu’une plaque bien soutenue. Respecter les entraxes indiqués par le fabricant est d’abord une affaire de solidité ; c’est aussi, on l’oublie souvent, une affaire de bruit.

Qu’est-ce qui tombe vraiment sur le toit ?

La pluie qui arrive du ciel est rarement la pire. Sous un arbre, l’eau s’accumule sur les feuilles et retombe en grosses gouttes, toujours aux mêmes endroits, longtemps après la fin de l’averse. Une terrasse couverte sous un tilleul ou un noyer entend donc la pluie deux fois. Élaguer les branches qui surplombent la toiture supprime ce second passage.

Plus bruyante encore, l’eau du toit principal. Quand un appentis est posé sous l’égout de la maison, une gouttière qui déborde ou une descente qui se déverse sur les plaques produit un filet continu, bien plus sonore que n’importe quelle averse. Repérez avant la pose où finit chaque descente, et prolongez-la au besoin jusqu’au sol. Quant à la grêle, aucun réglage n’y changera grand-chose : sur une couverture légère, elle s’entendra toujours.

Que peut-on corriger une fois la toiture posée ?

Si le mal est fait, reste l’espace en dessous. Le bruit perçu mêle deux choses : l’impact des gouttes sur la toiture et la résonance de la pièce. Sur le premier, on ne peut plus grand-chose sans changer de plaques. Sur la seconde, beaucoup. Une véranda au sol carrelé, aux parois vitrées et presque vide renvoie chaque son ; un tapis épais, des rideaux, des assises rembourrées et quelques grandes plantes absorbent une partie de ces réflexions. Le toit ne devient pas silencieux, mais la pièce cesse de résonner comme une cage d’escalier.

Le meilleur test reste d’écouter avant d’acheter. Un jour d’averse, passez quelques minutes sous un carport ou une pergola couverte de plaques semblables à celles que vous visez, chez un voisin ou dans une jardinerie, et parlez à voix normale avec la personne qui vous accompagne. Si la conversation tient, la toiture vous conviendra ; sinon, montez d’une épaisseur ou revoyez l’usage du lieu.

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